Installation électrique et IRVE : ce qu’il faut vérifier avant de lancer votre projet

Image à la une audit électrique IRVE

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L’une des erreurs les plus fréquentes dans les projets IRVE d’entreprise est de sous-estimer l’état de l’infrastructure électrique existante. Résultat : des surprises coûteuses en cours de chantier, des délais de raccordement imprévus, et parfois un projet entier à revoir. Un audit électrique préalable sérieux évite ces écueils. Voici exactement ce qu’il doit couvrir.

Tableau électrique TGBT vérification IRVE
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Pourquoi l’audit électrique est la première étape non négociable

Un projet IRVE, c’est d’abord un projet électrique. Avant de choisir les bornes, de déposer le dossier Advenir ou de consulter des installateurs, vous devez connaître précisément ce que votre site peut absorber comme puissance supplémentaire. Cette information conditionne tout le reste : le nombre de bornes installables, leur puissance, la nécessité ou non d’un renforcement de l’alimentation, et in fine le budget total du projet.

La bonne nouvelle : un audit électrique préalable réalisé par un installateur certifié IRVE Qualifelec est généralement offert ou très peu coûteux lorsqu’il est suivi d’un projet. C’est un investissement de quelques heures qui peut vous éviter des dizaines de milliers d’euros de mauvaises surprises.

Electricien certifié IRVE inspection
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La puissance souscrite : le point de départ

La puissance souscrite est le plafond contractuel de consommation de votre site, exprimé en kVA (kilovoltampères). Elle est définie dans votre contrat avec votre fournisseur d’électricité et visible sur votre facture.

Comment lire votre puissance souscrite

La puissance souscrite est souvent exprimée en kVA sur les contrats en BT (basse tension, jusqu’à 36 kVA) ou en puissance active en kW sur les contrats en HTBT (haute tension basse tension, au-delà). Elle peut aussi être désignée comme « puissance de comptage » ou « puissance de raccordement » selon votre fournisseur.

Sur les factures d’électricité professionnelles, cherchez les mentions « puissance souscrite », « puissance appelée maximale », ou « Psouscrite ». Si vous ne trouvez pas, votre gestionnaire de réseau (Enedis dans 95 % des cas en France) peut vous communiquer ces informations en quelques heures.

Calculer la réserve disponible

La réserve disponible est la différence entre votre puissance souscrite et votre consommation maximale actuelle. Sur un site de bureau type :

  • Puissance souscrite : 200 kVA
  • Consommation maximale relevée en heure de pointe (à partir de votre courbe de charge ou de votre compteur Linky) : 140 kVA
  • Réserve disponible : 60 kVA

60 kVA de réserve, c’est en théorie la puissance maximale que vous pouvez consacrer aux bornes de recharge. En pratique, il faut prévoir une marge de sécurité de 10 à 15 % pour éviter les dépassements ponctuels. Réserve utilisable : 50 à 55 kVA, soit environ 7 bornes de 7 kW.

Mais ce calcul statique est insuffisant. Il ne tient pas compte du taux de simultanéité réel des bornes (toutes les bornes ne fonctionnent jamais en même temps), ni de la possibilité d’installer un système de pilotage de charge qui module la puissance en temps réel selon la disponibilité du site.

Le taux de simultanéité : clé du dimensionnement réaliste

Sur un parking de bureau, les données terrain montrent que le taux de simultanéité réel est de 20 à 40 % : à tout moment donné, seulement 20 à 40 % des bornes installées fonctionnent simultanément à leur puissance maximale.

Cela signifie que sur 60 kVA de réserve, vous pouvez théoriquement installer 150 à 300 kVA de puissance totale en bornes, à condition d’avoir un système de supervision avec load balancing qui garantit que la puissance appelée ne dépasse jamais la réserve disponible. Ce calcul doit être validé par votre installateur IRVE en fonction des données de consommation réelles de votre site.

Raccordement électrique entreprise IRVE
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Le tableau électrique général : diagnostic complet

Le tableau général basse tension (TGBT) est le cœur de votre installation électrique. Il distribue la puissance vers tous les circuits du bâtiment. L’ajout de circuits IRVE modifie sa charge et sa configuration.

Ce que l’installateur doit vérifier

L’audit du TGBT porte sur plusieurs points :

Espaces libres pour nouveaux disjoncteurs : chaque circuit de recharge nécessite un disjoncteur différentiel dédié dans le tableau. La norme NF C 15-100 (annexe relative aux IRVE) impose un disjoncteur par groupe de bornes, avec un calibre adapté à la puissance. Si votre tableau est saturé, une extension ou un remplacement est nécessaire.

Calibre du disjoncteur général : le disjoncteur général doit être calibré pour la puissance souscrite totale, y compris les bornes de recharge. Si l’ajout de circuits IRVE porte la puissance installée au-delà du calibre actuel, le disjoncteur général doit être remplacé.

Présence d’une protection différentielle type A ou EV : les bornes de recharge peuvent injecter des courants de fuite DC dans les circuits AC. La norme impose une protection différentielle de type A minimum (voire type B pour certaines configurations DC). Si votre tableau ne dispose que de protections de type AC (le type le plus basique), des mises à niveau sont nécessaires.

Age et état général du tableau : les tableaux datant d’avant les années 2000 peuvent nécessiter une réhabilitation complète avant d’intégrer des circuits IRVE. Un tableau vétuste représente un risque électrique et une limitation technique pour les extensions.

Les travaux de tableau les plus fréquents

Selon la configuration du site, les travaux sur le TGBT peuvent représenter :

  • Ajout de disjoncteurs dans un tableau existant avec emplacements libres : 500 à 1 500 €
  • Extension du tableau avec ajout d’une colonne ou d’un module : 2 000 à 5 000 €
  • Remplacement complet du TGBT (installation ancienne ou saturée) : 5 000 à 15 000 €

Ces coûts doivent être intégrés dans votre budget IRVE dès la phase d’audit pour éviter les mauvaises surprises en cours de chantier.

Le raccordement Enedis : le délai qui surprend toujours

Pour toute installation IRVE dont la puissance totale dépasse 36 kVA, une demande de raccordement auprès d’Enedis est obligatoire. C’est souvent l’étape la plus longue de tout le projet — et la moins bien anticipée.

Quand contacter Enedis ?

Le plus tôt possible. Idéalement, la demande de raccordement doit être initiée dès que le dimensionnement est validé, même avant d’avoir finalisé le choix de l’installateur ou des équipements. Les délais d’étude Enedis (4 à 8 semaines pour une étude de raccordement standard) et les délais de travaux (4 à 12 semaines supplémentaires après accord sur le devis) s’additionnent. Sur certaines zones géographiques très demandées (grande couronne parisienne, zones industrielles denses), les délais totaux peuvent atteindre 6 à 9 mois.

Le processus de raccordement en détail

  1. Dépôt de la demande sur le portail Enedis : votre installateur IRVE peut déposer la demande en votre nom. Le dossier comprend les plans du site, le schéma de l’installation envisagée et les spécifications des équipements.
  2. Étude de faisabilité : Enedis évalue la capacité du réseau local à absorber la puissance supplémentaire. Dans certaines zones, un renforcement du réseau de distribution est nécessaire — un coût que le demandeur partage selon les règles de raccordement en vigueur.
  3. Proposition technique et financière : Enedis transmet un devis de raccordement. Le coût varie de 1 000 € pour un simple ajustement d’un abonnement existant à 50 000 € pour un raccordement HTA nécessitant un poste de transformation.
  4. Accord et planification : après accord du maître d’ouvrage sur le devis, Enedis planifie les travaux selon ses disponibilités.
  5. Réalisation des travaux de raccordement : les travaux sont réalisés par les équipes Enedis ou un prestataire mandaté. La durée varie de quelques heures à plusieurs semaines selon l’ampleur des travaux réseau.

Le cas particulier des sites déjà raccordés en HTBT

Les sites industriels ou tertiaires déjà raccordés en haute tension basse tension (HTBT) disposent d’une puissance contractuelle plus élevée. L’ajout de bornes de recharge peut souvent être absorbé sans raccordement supplémentaire, en ajustant simplement la puissance souscrite dans le cadre du contrat existant. Cette situation est plus favorable car elle évite les délais de raccordement Enedis et réduit les coûts de mise à niveau.

La distance entre le tableau et les emplacements de bornes

La longueur du câblage est un facteur de coût souvent sous-estimé dans les devis IRVE. Elle dépend directement de la configuration physique de votre site.

L’impact de la distance sur le coût

Au-delà de 30 à 50 mètres entre le TGBT et les emplacements de bornes, les coûts augmentent pour deux raisons :

  • Section de câble plus importante : pour compenser les pertes en ligne sur les longues distances, le câble doit avoir une section plus grande. Un câble de 10 mm² pour une borne proche du tableau peut passer à 25 ou 35 mm² pour une borne éloignée — avec une différence de coût significative.
  • Génie civil plus important : les tranchées, fourreaux et chambres de tirage nécessaires pour les longs parcours de câble représentent souvent plus de la moitié du coût total des travaux sur les parkings en surface.

Optimiser l’implantation des bornes

Un bon plan d’implantation minimise les distances de câblage en regroupant les bornes au plus près du TGBT, en prévoyant des sous-tableaux intermédiaires (« armoires de distribution IRVE ») pour les parkings étendus, et en utilisant les chemins de câbles existants (goulottes, chemins de câbles techniques) plutôt que de créer de nouveaux parcours.

L’optimisation du plan d’implantation peut réduire le coût des travaux de câblage de 20 à 40 % sur un parking de grande taille. C’est souvent là que l’expérience d’un installateur IRVE spécialisé fait la différence par rapport à un électricien généraliste.

La puissance souscrite future : anticiper la montée en charge

Un projet IRVE bien conçu n’installe pas seulement les bornes nécessaires aujourd’hui — il prépare l’infrastructure pour les besoins de demain. Le taux d’adoption des véhicules électriques dans les flottes d’entreprise va s’accélérer avec les contraintes ZFE-m et les obligations de la loi LOM. Dans 5 ans, vous aurez probablement besoin de 2 à 3 fois plus de points de charge qu’aujourd’hui.

Anticiper cette montée en charge signifie :

  • Prévoir les fourreaux et câblages nécessaires pour les futures bornes lors des travaux initiaux (coût marginal faible à ce stade, très élevé en retrofitting)
  • Dimensionner le TGBT et les protections pour la puissance future, pas seulement la puissance actuelle
  • Prévoir la puissance souscrite en accord avec votre fournisseur pour absorber la charge future

Le surcoût de cette anticipation est généralement de 10 à 20 % du budget initial. Le coût d’un retrofitting sans préparation est de 40 à 80 % du budget de la première installation. Le calcul est simple.

Consultez notre guide sur les 7 étapes d’un projet IRVE pour intégrer toutes ces vérifications dans votre planning global.

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Les coûts cachés à anticiper dans votre budget IRVE

Au-delà des postes identifiés lors de l’audit initial, certains coûts sont systématiquement sous-estimés dans les budgets IRVE et génèrent des surprises en cours de chantier.

La mise en conformité du TGBT existant. Sur les sites dont l’installation électrique date de plus de 15 ans, le tableau général basse tension peut nécessiter une remise à niveau : remplacement des disjoncteurs non conformes, ajout de protections différentielles de type A ou B, extension pour libérer des emplacements. Ce poste représente 2 000 à 8 000 € selon l’état du tableau — une somme qui ne peut être chiffrée qu’après l’audit sur site. Ne budgétez jamais un projet IRVE sans avoir fait vérifier le TGBT.

Le génie civil en parking souterrain. Les parkings en sous-sol présentent des contraintes spécifiques : dalles en béton armé à percer pour faire passer les fourreaux, hauteurs sous plafond limitées, carottages spéciaux pour les passages en dalle épaisse. Ces travaux sont plus longs et plus coûteux qu’en parking de surface. Comptez 40 à 80 % de surcoût sur le poste génie civil par rapport à un parking extérieur de surface équivalente.

Les protections mécaniques des bornes. Les bornes implantées à proximité des allées de circulation ou des places perpendiculaires doivent être protégées par des bollards ou des butées de roue. Ces protections représentent 150 à 400 € par borne selon le modèle. Sur 20 bornes, le poste peut atteindre 4 000 à 8 000 € supplémentaires — préférez les prévoir dès la conception plutôt que de les rajouter après le premier accrochage.

La mise aux normes PMR. La réglementation impose que les emplacements équipés de bornes soient accessibles aux personnes à mobilité réduite : largeur d’emplacement de 3,30 m minimum, signalétique spécifique, sol non glissant. Si votre parking ne respecte pas ces dimensions sur les emplacements prévus, un repiquage du marquage au sol et une adaptation de la signalétique sont nécessaires. Prévoyez 500 à 2 000 € selon le nombre d’emplacements à adapter.

Pour financer l’ensemble de ces postes dans les meilleures conditions, consultez notre guide des aides financières IRVE 2026 et notre guide sur les étapes d’un projet IRVE.

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