Borne de recharge 7 kW ou 22 kW : quel choix pour le parking de votre entreprise ?

Borne de recharge véhicule électrique gros plan câble puissance

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C’est l’une des premières questions que pose tout responsable de site lors d’un projet IRVE : faut-il installer des bornes de 7 kW ou des bornes de 22 kW sur le parking de l’entreprise ? La réponse ne se résume pas à un arbitrage de vitesse. Elle dépend du profil réel de vos conducteurs, de la capacité de votre installation électrique, de la composition de votre flotte et de votre budget d’investissement. Une mauvaise décision à ce stade peut générer des surcoûts importants — soit parce que vous avez sur-dimensionné sans bénéfice réel, soit parce que vous avez sous-dimensionné et devrez reprendre les travaux dans deux ans.

Ce guide vous aide à trancher avec des critères objectifs, des données chiffrées et une grille de décision applicable à votre situation.

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Câble de recharge branché sur borne IRVE. Photo : Pexels

Ce que signifient vraiment 7 kW et 22 kW pour la recharge quotidienne

La puissance d’une borne de recharge détermine directement la vitesse à laquelle un véhicule récupère de l’autonomie. En courant alternatif (AC), qui est le standard pour les bornes de parking d’entreprise, deux niveaux dominent le marché professionnel : 7,4 kW (monophasé ou triphasé selon les modèles) et 22 kW (triphasé).

Une borne de 7 kW délivre environ 40 à 50 km d’autonomie supplémentaire par heure de recharge, selon le véhicule et son état de charge. Sur une journée de travail standard de 8 heures avec un véhicule branché dès l’arrivée, c’est entre 320 et 400 km d’autonomie récupérée — soit largement plus que la distance domicile-travail aller-retour de 99 % des salariés en France, qui se situe en moyenne à 27 km selon les données de l’INSEE.

Une borne de 22 kW triphasée délivre théoriquement jusqu’à 120 à 150 km par heure, soit une recharge quasi-complète en 2 à 3 heures pour la plupart des véhicules électriques actuels. Mais la vitesse effective est toujours limitée par le chargeur embarqué du véhicule. C’est le point le plus souvent mal compris dans les projets IRVE.

Le chargeur embarqué : la contrainte que personne ne vous dit

Installer une borne 22 kW ne garantit pas une recharge à 22 kW. La vitesse de recharge réelle est toujours le minimum entre la puissance de la borne et la capacité du chargeur embarqué du véhicule. Si votre flotte est composée de véhicules dont le chargeur embarqué est limité à 7,2 kW ou 11 kW en AC, une borne 22 kW ne recharge pas plus vite qu’une borne 11 kW.

Voici les capacités de recharge AC des véhicules les plus répandus en flotte d’entreprise en 2026 :

  • Renault Mégane E-Tech : 22 kW triphasé — profite pleinement d’une borne 22 kW
  • Renault Zoé (2020 et ultérieur) : 22 kW triphasé
  • Tesla Model 3 (toutes versions) : 11 kW AC — plafonnée à 11 kW quelle que soit la borne
  • Tesla Model Y : 11 kW AC
  • Peugeot e-208 / e-2008 : 11 kW triphasé
  • Volkswagen ID.3 / ID.4 / ID.5 : 11 kW triphasé
  • BMW i4 / iX1 / iX3 : 11 kW AC
  • Hyundai Ioniq 5 / Kia EV6 : 11 kW triphasé
  • Hyundai Ioniq 6 : 11 kW triphasé
  • Mercedes EQA / EQB : 11 kW AC
  • Fiat 500e : 11 kW triphasé
  • Peugeot e-Expert / Citroën ë-Dispatch : 11 kW triphasé
  • Renault Kangoo E-Tech / Trafic E-Tech : 22 kW triphasé

Conséquence directe : si votre flotte est composée majoritairement de Tesla, Volkswagen ID ou Peugeot e-208 — tous plafonnés à 11 kW en AC — installer des bornes 22 kW ne présente aucun avantage de vitesse de recharge par rapport à des bornes 11 kW. Vous payez le surcoût d’installation du triphasé (câblage plus lourd, tableau renforcé) sans bénéfice mesurable.

Borne 7 kW : les contextes où c’est le bon choix

La borne 7 kW est la solution adaptée dans la majorité des cas de parking d’entreprise. Elle convient parfaitement lorsque les véhicules stationnent plusieurs heures sur site, ce qui est précisément le cas d’un parking de bureau, d’entrepôt logistique ou de site industriel.

Pour un salarié qui arrive à 8h30 et repart à 17h30, 9 heures de recharge à 7 kW représentent 63 kWh d’énergie transférée — soit la capacité totale de la batterie d’une Renault Mégane E-Tech (60 kWh), d’un Volkswagen ID.4 (77 kWh rechargé à 80 %), ou de deux Peugeot e-208 (46 kWh chacune) en rotation sur la même borne.

La borne 7 kW est idéale dans ces configurations :

  • Conducteurs qui arrivent le matin et repartent en fin de journée avec 6h+ de stationnement
  • Trajets domicile-travail inférieurs à 80 km par jour aller-retour
  • Flotte composée de citadines électriques, de véhicules hybrides rechargeables ou de modèles plafonnés à 7,2 kW
  • Infrastructure électrique monophasée existante sans possibilité de renforcement rapide
  • Budget d’investissement optimisé avec un grand nombre de points de charge à déployer
  • Sites avec contrainte de puissance souscrite limitée

Les avantages concrets du 7 kW :

  • Coût d’installation plus faible : entre 1 200 et 2 000 € HT par point de recharge (vs 2 500 à 4 500 € pour du 22 kW)
  • Compatible avec une installation monophasée existante sur de nombreux sites
  • Câblage moins lourd, moins de génie civil, travaux plus rapides
  • Éligible au programme Advenir au même taux que les bornes 22 kW pour les parkings salariés
  • Suffit à couvrir 95 % des usages réels sur un parking d’entreprise standard
  • Conforme aux exigences minimales du décret IRVE du 20 novembre 2023 (puissance minimale de 7,4 kW)

Borne 22 kW : pour qui, dans quel contexte précis

La borne 22 kW est pertinente dans des configurations spécifiques où la vitesse de recharge est un enjeu opérationnel réel — et non seulement un confort ou une question de prestige technologique.

Les vrais cas d’usage du 22 kW :

  • Véhicules de flotte itinérants : commerciaux, techniciens de maintenance, équipes terrain qui rentrent en milieu de journée avec une fenêtre de stationnement courte de 1 à 3 heures. Pour eux, récupérer 100 km en 1h30 sur une borne 22 kW change réellement l’autonomie disponible pour l’après-midi.
  • Showrooms et espaces clients : parkings visiteurs avec des rotations très fréquentes, où la rapidité de recharge est un service valorisé.
  • Flottes composées de véhicules 22 kW : Renault Zoé, Mégane E-Tech, Kangoo ou Trafic E-Tech qui acceptent réellement les 22 kW en AC. Sur ces modèles, l’investissement est justifié.
  • Sites avec peu d’emplacements et beaucoup de véhicules : lorsque 3 bornes doivent servir 15 véhicules par rotation, la vitesse de recharge plus élevée compense le sous-dimensionnement en nombre de points de charge.

Les surcoûts cachés du 22 kW à anticiper :

Le 22 kW implique systématiquement un raccordement triphasé par point de charge, un câblage de section supérieure et un tableau électrique dimensionné pour absorber la charge triphasée. Si votre site n’est pas déjà équipé en triphasé suffisant, le renforcement peut représenter 3 000 à 8 000 € supplémentaires par groupe de bornes, voire davantage sur les sites éloignés du réseau de distribution HTA.

Recharge voiture électrique borne parking entreprise
Recharge d’un véhicule électrique sur borne de parking. Photo : Pexels

L’approche hybride : la stratégie la plus efficiente en 2026

Sur les parkings de plus de 20 places, la solution la plus adoptée par les entreprises structurées en 2026 est l’approche hybride : une majorité de bornes 7 kW pour les places dédiées aux salariés en stationnement long, complétée par quelques bornes 22 kW pour les véhicules de flotte à forte rotation ou les places visiteurs à court terme.

Cette stratégie permet d’optimiser le budget global tout en couvrant tous les usages réels du site. Exemple concret sur un parking de 60 places pour une entreprise de 100 salariés avec 15 véhicules de flotte itinérants :

  • 35 bornes 7 kW pour les salariés en stationnement journalier — coût moyen 1 500 € HT/point = 52 500 € HT
  • 8 bornes 22 kW pour les véhicules de flotte commerciale — coût moyen 3 500 € HT/point = 28 000 € HT
  • 2 bornes 22 kW pour les visiteurs — 7 000 € HT
  • Total brut : 87 500 € HT
  • Après Advenir : -45 bornes × 1 300 € = -58 500 € de prime
  • Reste à charge avant fiscalité : 29 000 € HT pour 45 points de recharge, soit 644 € net par point

L’impact sur votre installation électrique et votre puissance souscrite

C’est souvent le facteur le plus contraignant qui oriente le choix final. Avant toute décision, un audit de votre puissance souscrite et de l’état de votre tableau électrique général (TGBT) est indispensable. Cet audit, réalisé par un installateur certifié IRVE Qualifelec, est la première étape de tout projet sérieux.

À titre indicatif, voici la puissance appelée selon les configurations :

  • 10 bornes 7 kW en simultané (taux de simultanéité 100 %, cas théorique) : 70 kW
  • 10 bornes 7 kW avec smart charging (taux réel 40 %) : ~28 kW effectif
  • 10 bornes 22 kW en simultané : 220 kW — un triplement de la puissance nécessaire
  • 10 bornes 22 kW avec smart charging (taux 40 %) : ~88 kW effectif

En pratique, les systèmes de pilotage de charge intelligents permettent de lisser la consommation et d’absorber davantage de bornes sur une puissance souscrite donnée. Sur un site dont la réserve disponible est de 50 kW, un système de supervision avec load balancing peut permettre d’installer 20 bornes de 7 kW en gérant la priorité de charge selon les besoins.

La norme NF C 15-100 encadre les exigences techniques de votre installation électrique et doit être respectée pour toute nouvelle infrastructure de recharge.

Le cadre réglementaire : 7,4 kW comme plancher depuis 2023

Le décret du 20 novembre 2023 a rehaussé les exigences minimales pour les installations IRVE en parking d’entreprise. Depuis cette date, les points de recharge installés dans le cadre des obligations légales doivent atteindre une puissance minimale de 7,4 kW. Les prises renforcées à 3,7 kW ne satisfont plus l’obligation réglementaire pour les parkings de plus de 20 places.

Cette évolution réglementaire clarifie le choix : le minimum légal est désormais à 7 kW, et installer du 22 kW représente un investissement supplémentaire qui doit être justifié par des besoins opérationnels réels — pas par une ambition technologique ou un argumentaire commercial.

Connecteur borne recharge électrique entreprise close-up
Connecteur de recharge véhicule électrique. Photo : Pexels

La grille de décision finale

Voici les critères concrets pour trancher entre 7 kW et 22 kW sur votre site :

  • Stationnement longue durée (6h+) + trajets quotidiens inférieurs à 100 km : 7 kW, sans hésiter. La vitesse de recharge supérieure du 22 kW ne génère aucun bénéfice mesurable.
  • Flotte itinérante avec créneaux courts de 1 à 3h : 22 kW justifié sur les places dédiées à ces véhicules.
  • Véhicules plafonnés à 7,2 kW ou 11 kW en AC (majorité du parc actuel) : 7 kW à 11 kW selon le modèle exact — le 22 kW n’apporte rien.
  • Mix de véhicules avec différents profils d’usage : approche hybride avec 7 kW en base et quelques 22 kW sur les places à fort besoin.
  • Budget limité ou infrastructure électrique contrainte : 7 kW prioritaire, smart charging pour optimiser.
  • Parking visiteurs / showroom : 22 kW pour le service rendu et l’image.

Dans tous les cas, commencez par un audit IRVE complet de votre site. Un installateur certifié analysera votre infrastructure électrique existante, étudiera les usages réels de votre flotte et dimensionnera la solution optimale en tenant compte de vos contraintes budgétaires et de vos obligations réglementaires au titre de la loi LOM.

Pour financer votre projet dans les meilleures conditions, consultez notre guide complet des aides financières IRVE 2026, qui détaille comment réduire votre reste à charge jusqu’à 60 % via Advenir, les dispositifs fiscaux et les aides régionales.

Les erreurs les plus fréquentes dans le choix de puissance

Au-delà de la grille de décision théorique, les projets IRVE révèlent des erreurs récurrentes dans le choix entre 7 kW et 22 kW. Les connaître vous évitera de les reproduire.

Erreur n°1 : acheter du 22 kW « pour être tranquille sur l’avenir ».

C’est l’argument commercial le plus souvent utilisé pour pousser les clients vers les bornes 22 kW : « dans 3 ans, tous les véhicules accepteront 22 kW, autant anticiper. » La réalité est plus nuancée. Oui, les véhicules futurs pourraient accepter des puissances AC plus élevées. Mais la tendance de fond chez les constructeurs est d’investir dans le DC rapide plutôt que dans l’augmentation des chargeurs embarqués AC. Tesla, qui avait un chargeur 17 kW sur la Model S, est passé à 11 kW sur la Model 3 et le Model Y. La limite de 11 kW en AC est devenue le plafond de fait pour la majorité des nouveaux modèles, y compris ceux des segments premium.

L’anticipation pertinente n’est donc pas d’installer des bornes 22 kW aujourd’hui — c’est de pré-câbler en triphasé les emplacements pour permettre une montée en puissance future sans génie civil supplémentaire. Le coût du câblage triphasé est modeste ; c’est la borne elle-même qui représente le surcoût. En installant maintenant des bornes 7 kW sur un câblage triphasé, vous conservez la possibilité de les remplacer par des bornes 22 kW dans 5 à 8 ans si l’évolution du parc le justifie.

Erreur n°2 : négliger le taux de simultanéité réel.

Certains projets sont dimensionnés en puissance totale à partir du taux de simultanéité théorique maximal (100 % des bornes en charge simultanément), ce qui conduit à des investissements en puissance souscrite disproportionnés. Les études de terrain menées sur des parkings d’entreprise de 50 à 200 places montrent des taux de simultanéité réels de 15 à 35 % selon les horaires d’arrivée des salariés. Un système de smart charging avec load balancing permet d’exploiter ce taux réel et de dépasser significativement le nombre de bornes que la puissance souscrite disponible permettrait en installation non supervisée.

Erreur n°3 : ignorer l’infrastructure existante dans le choix de puissance.

Un parking existant sans triphasé disponible à proximité des emplacements visés peut rendre le 22 kW 2 à 3 fois plus cher que prévu, une fois les travaux de câblage et de renforcement du tableau comptabilisés. L’audit électrique préalable est indispensable — il peut orienter vers une solution 7 kW monophasé parfaitement opérationnelle sur l’infrastructure existante, avec un reste à charge infiniment plus faible qu’un projet 22 kW qui nécessiterait d’importants travaux d’infrastructure.

Financer votre installation au meilleur coût

Quel que soit votre choix de puissance, les aides disponibles réduisent significativement votre investissement. Le programme Advenir finance jusqu’à 1 300 € par point de charge sans distinction entre bornes 7 kW et 22 kW pour les parkings salariés privés. L’amortissement accéléré sur une année et la récupération de TVA s’appliquent également indépendamment de la puissance choisie.

Sur un projet de 15 bornes (10 × 7 kW + 5 × 22 kW) pour une PME en Île-de-France, le coût net après aides peut descendre à moins de 800 € par point de charge toutes puissances confondues. Notre guide des aides financières IRVE 2026 détaille la simulation complète pour votre type de projet.

Nos équipes réalisent l’audit IRVE de votre site gratuitement, analysent votre infrastructure électrique existante, l’usage réel de votre flotte et vous proposent un dimensionnement sur mesure — 7 kW, 22 kW ou mixte — avec la simulation financière complète avant tout engagement.

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