Le secteur médical et sanitaire : hôpitaux, cliniques, laboratoires, cabinets de groupe, services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), établissements d’HAD : présente des caractéristiques de mobilité qui le rendent particulièrement propice à une électrification de flotte réussie. Des véhicules qui font des tournées régulières sur un périmètre géographique défini, qui rentrent chaque soir à un dépôt ou à un site fixe, avec des kilométrages quotidiens mesurés : ce profil est exactement celui pour lequel les véhicules électriques actuels sont optimisés. Ce guide détaille les opportunités et les spécificités de l’électrification dans ce secteur.
Le profil de mobilité du secteur médical : idéal pour l’électrique
Les véhicules du secteur médical et sanitaire présentent plusieurs caractéristiques structurelles favorables à l’électrification :
- Tournées à périmètre géographique défini : les véhicules de SSIAD, HAD, infirmiers libéraux et visiteurs médicaux parcourent des itinéraires réguliers sur des bassins géographiques délimités. Les distances quotidiennes sont généralement inférieures à 150 km, ce qui correspond parfaitement à l’autonomie des véhicules électriques actuels.
- Retour au site chaque soir : contrairement à des commerciaux itinérants qui peuvent passer plusieurs nuits hors de leur base, les soignants et personnels médicaux rentrent généralement à leur point de départ en fin de journée. Cela permet une recharge nocturne complète sur site.
- Passages fréquents au site : même pour les soignants en tournée, les retours au cabinet ou à l’établissement plusieurs fois par jour (récupération de matériel, repas, fin de poste) créent des opportunités de recharge intermédiaire.
- Sensibilité à l’image RSE : le secteur médical et sanitaire est fortement exposé aux enjeux de responsabilité sociétale. L’utilisation de véhicules électriques renvoie une image cohérente avec les valeurs de soin, de prévention et de respect de l’environnement qui sont au cœur de ces métiers.

Les cas d’usage spécifiques dans le secteur médical
Plusieurs types de structures médicales présentent des cas d’usage distincts qui méritent une analyse séparée :
- Hôpitaux et cliniques : les véhicules de service (navettes, véhicules de liaison entre sites, véhicules de direction) sont les premiers candidats. Les établissements disposent généralement d’un parc de stationnement avec alimentation électrique existante. La taille des parcs justifie souvent une infrastructure IRVE avec supervision et reporting.
- SSIAD et services de soins à domicile : les véhicules des aides-soignants en tournée sont des utilitaires légers (souvent des citadines ou des petits SUV). Le profil de distances courtes et le retour quotidien au site les rend idéaux pour l’électrique. Les finances serrées de ces structures les orientent vers les véhicules les moins chers à l’usage.
- Groupes de cabinets médicaux et maisons de santé : les voitures personnelles des praticiens constituent souvent la flotte de fait. L’installation de bornes sur le parking de la maison de santé est un service apprécié, finançable via des aides Advenir en accès semi-public.
- Laboratoires de biologie médicale : les coursiers et chauffeurs qui assurent les collectes et livraisons d’échantillons ont des tournées régulières avec des horaires stricts. Le véhicule électrique réduit le coût d’exploitation de ces tournées, mais impose de garantir une autonomie suffisante même les jours de forte activité.
Plusieurs établissements de santé français ont déjà franchi le pas de l’électrification de leur flotte avec déploiement d’une IRVE, et leurs retours d’expérience sont instructifs pour les structures qui envisagent ce projet.
Les enseignements communs à ces premières expériences :
- L’adoption est plus rapide que prévu : dans les établissements qui ont installé des bornes accessibles au personnel soignant, le taux d’utilisation a dépassé les projections initiales dès la première année. La disponibilité d’une borne sur site est souvent le facteur déclenchant qui pousse les soignants à passer au VE lors de leur prochain achat.
- La puissance choisie importe peu pour les usages quotidiens : les soignants qui branchent leur véhicule en arrivant le matin n’ont pas besoin de 22 kW. Des bornes de 7 kW bien réparties sont préférables à quelques bornes 22 kW concentrées sur un seul niveau.
- La communication interne fait la différence : les établissements qui ont communiqué proactivement sur l’existence des bornes (intranet, affichage, réunions d’équipe) ont un taux d’utilisation 2 à 3 fois plus élevé que ceux qui ont installé les bornes sans communication particulière.
Ces retours d’expérience confirment que le succès d’un déploiement IRVE dans le secteur médical repose autant sur la dimension humaine que sur la dimension technique. Un accompagnement au changement intégré dans le projet dès sa conception multiplie son impact réel. Pour un accompagnement complet de votre projet, de l’audit jusqu’à la communication interne, notre équipe est disponible.
Le secteur médical et sanitaire a tout pour réussir sa transition vers les flottes électriques : des profils de mobilité adaptés, une sensibilité aux enjeux environnementaux, et des aides financières accessibles. Les obstacles techniques sont surmontables avec un accompagnement adapté. La question n’est plus de savoir si cette transition aura lieu, mais à quelle vitesse chaque établissement choisit de l’engager. Pour démarrer votre projet d’électrification, contactez notre équipe.
L’ADEME accompagne les établissements de santé dans leur transition énergétique et publie des études de cas sur l’électrification de flotte dans ce secteur. Pour un accompagnement sur mesure, de l’audit de votre parc jusqu’à la mise en service de l’infrastructure IRVE, notre équipe est disponible.
Le coût total de possession (TCO) d’un véhicule électrique pour un professionnel de santé ou un établissement médical intègre plusieurs postes favorables par rapport au thermique :
- Coût de l’énergie : recharger un VE coûte environ 2 à 3 fois moins cher que faire le plein d’un équivalent thermique aux prix actuels de l’énergie.
- Entretien réduit : pas de vidange, moins de freinage (récupération d’énergie), courroie de distribution inexistante. L’entretien d’un VE coûte en moyenne 30 à 40 % moins cher qu’un thermique équivalent sur 5 ans.
- Avantage en nature réduit : pour les voitures de fonction des médecins salariés ou directeurs d’établissement, l’abattement de 70 % sur l’avantage en nature réduit significativement le coût employeur.
Les aides financières spécifiques au secteur
Les établissements de santé et médico-sociaux peuvent accéder à des dispositifs de financement qui s’articulent avec les aides générales à l’électrification de flotte :
- Programme Advenir : les bornes installées dans les parkings d’établissements de santé sont éligibles selon les mêmes conditions que pour les autres entreprises. Pour les bornes en accès ouvert (accessibles aux personnels mais aussi aux visiteurs), des taux d’aide spécifiques s’appliquent.
- Fonds de modernisation des établissements de santé : certains projets d’investissement incluant une dimension environnementale (dont l’électrification de flotte) peuvent bénéficier d’un soutien des Agences Régionales de Santé dans le cadre des contrats de retour à l’équilibre ou des projets de rénovation.
- Bonus écologique pour la flotte : les véhicules de service des structures médico-sociales sont éligibles au bonus écologique aux mêmes conditions que pour les autres entreprises, avec les avantages spécifiques aux véhicules utilitaires électriques (TVA récupérable, pas de plafond d’amortissement).
- Dispositif Eco-énergie Tertiaire : les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², dont les établissements de santé, sont soumis aux objectifs de réduction de consommation énergétique du décret tertiaire. L’électrification de la mobilité contribue aux objectifs, notamment lorsqu’elle est couplée à une production solaire sur site.

Organiser le déploiement dans un établissement de santé
Le déploiement d’une infrastructure IRVE dans un établissement de santé nécessite une coordination spécifique, compte tenu des contraintes réglementaires (ERP de type J ou U), des enjeux de continuité de service et de la multiplicité des parties prenantes :
- Intégration dans le plan directeur immobilier : pour les hôpitaux et cliniques qui ont un plan pluriannuel de travaux, l’IRVE doit être intégrée comme un projet à part entière, avec ses propres phases de conception, d’appel d’offres et de mise en service.
- Coordination avec le bureau de contrôle et la commission de sécurité : les travaux électriques dans un ERP de type sanitaire font l’objet d’un contrôle technique renforcé. La conformité aux règles incendie (notamment dans les parkings souterrains) doit être validée avant la mise en service.
- Communication avec les équipes : l’adoption des véhicules électriques par les soignants ne va pas de soi. Une information sur les avantages pratiques (recharge sur site, coût de l’énergie inférieur, moindre entretien), couplée à une formation à la prise en main des VE, facilite l’adhésion.
Pour les établissements publics de santé (hôpitaux, CHU, EHPAD publics), l’installation d’une IRVE est soumise aux règles des marchés publics dès que le montant dépasse les seuils applicables (actuellement 40 000 € HT pour les fournitures et services courants). Cette contrainte de procédure allonge les délais mais garantit la mise en concurrence et le meilleur rapport qualité-prix.
Les établissements publics de santé peuvent bénéficier des centrales d’achat public (UGAP, Resah) qui référencent des prestataires IRVE dans leurs catalogues, permettant de passer des marchés sans procédure d’appel d’offres spécifique sous certains seuils. Cette voie simplifie considérablement le déploiement pour les structures qui ne disposent pas d’une direction achat dédiée.
L’AVERE France accompagne les établissements publics de santé dans leurs projets IRVE et publie des retours d’expérience utiles pour guider les premières démarches. Pour un accompagnement sur mesure de votre projet d’électrification dans le secteur médical, notre équipe est disponible. Le programme Advenir couvre également les établissements publics dans ses catégories d’éligibilité.
Les premières structures médicales à avoir déployé des IRVE pour leurs personnels font état d’une satisfaction globale élevée, avec quelques points d’attention spécifiques. Les soignants qui utilisent un VE apprécient particulièrement le fait de recharger pendant leur service et de repartir avec une batterie pleine, ce qui élimine totalement la contrainte du plein d’essence. Dans les établissements où des bornes sont disponibles en nombre suffisant, le taux d’adoption volontaire des VE de fonction augmente nettement plus vite que prévu initialement.
Les points d’attention spécifiques au secteur médical : la gestion des postes de nuit (les soignants qui finissent à 7h souhaitent parfois recharger dès leur arrivée à 19h et retrouver un véhicule chargé à 7h, ce qui nécessite une supervision pour garantir la disponibilité des bornes en dehors des heures de bureau) ; et la gestion des parkings partagés avec les médecins libéraux qui exercent dans l’établissement et souhaitent également accéder aux bornes sans appartenir à l’effectif salarié.
Ces spécificités opérationnelles justifient un paramétrage fin du système de supervision IRVE adapté au fonctionnement 24h/24 et aux multi-profils d’utilisateurs caractéristiques du secteur médical. L’AVERE France recense des retours d’expérience du secteur. Le programme Advenir accompagne les projets dans ce secteur. Pour un accompagnement personnalisé de votre établissement, notre équipe est disponible.

Le véhicule électrique comme outil de prévention et de bien-être au travail
Dans le secteur médical, où les conditions de travail sont souvent exigeantes et les taux de burn-out élevés, les avantages annexes comme le véhicule de fonction électrique peuvent jouer un rôle dans les politiques de prévention et de fidélisation. Un soignant qui dispose d’un véhicule propre, silencieux et économique à l’usage perçoit un avantage quotidien concret qui contribue à sa qualité de vie au travail.
L’aspect économique est particulièrement tangible pour les infirmiers et aides-soignants dont les revenus sont modestes : recharger son véhicule de service sur la borne de l’établissement revient significativement moins cher que de faire le plein d’un véhicule thermique. Pour un soignant en SSIAD qui parcourt 150 km par jour, le passage à l’électrique avec recharge gratuite sur site peut représenter une économie de 200 à 300 € par mois sur les frais de carburant.
Cas d’usage : les SSIAD et soins à domicile
Les Services de Soins Infirmiers À Domicile (SSIAD) représentent l’un des cas d’usage les plus pertinents pour l’électrification dans le secteur médical. Les tournées sont régulières, les distances quotidiennes prévisibles (généralement 80 à 120 km), et les véhicules retournent chaque soir au siège. Le coût d’exploitation d’une flotte de citadines électriques (Renault Zoé, Peugeot e-208, MG4) est sensiblement inférieur à celui d’une flotte de citadines thermiques sur ces kilométrages.
Plusieurs SSIAD ont déjà réalisé cette transition avec l’accompagnement du programme Advenir pour le financement des bornes. Les retours d’expérience soulignent l’importance d’une formation initiale des soignants à la conduite électrique et à la gestion de l’autonomie, ainsi que d’une procédure claire de rebranché systématique en fin de tournée.
Sur 5 ans et 80 000 km, le TCO d’un VE de gamme moyenne en secteur médical est généralement inférieur à celui d’un diesel équivalent, même en intégrant le surcoût d’acquisition. Pour une étude TCO personnalisée et un accompagnement sur votre projet IRVE dans le secteur médical, notre équipe est disponible.
Les Services de Soins Infirmiers À Domicile (SSIAD) et les infirmiers libéraux représentent un segment particulièrement adapté à l’électrification. Leurs tournées quotidiennes, avec 10 à 20 visites à domicile dans un rayon de 20 à 40 km, sont exactement dans la plage d’utilisation optimale d’un véhicule électrique léger. La distance totale parcourue quotidiennement, généralement inférieure à 80 km, est largement couverte par les véhicules électriques actuels.
Pour un SSIAD qui emploie 10 à 20 aides-soignants avec des véhicules personnels ou de service, l’électrification représente une économie de carburant significative (de l’ordre de 1 500 à 2 000 € par véhicule et par an) tout en réduisant les émissions et le bruit dans les zones résidentielles visitées. Le coût d’exploitation moindre des VE améliore directement le budget de fonctionnement, souvent contraint par les tarifs de prise en charge de l’assurance maladie.
La structure d’un SSIAD, qui dispose généralement d’un bureau ou d’un local de départ, permet l’installation d’une ou deux bornes pour recharger les véhicules de service entre les tournées matinale et après-midi. Cette installation simple, d’un coût limité, peut bénéficier du programme Advenir pour réduire l’investissement initial.
Les professionnels de santé libéraux (infirmiers, kinésithérapeutes, médecins généralistes en secteur libéral) qui effectuent des visites à domicile constituent un cas d’usage particulièrement favorable à l’électrique. Leurs tournées sont régulières, sur un périmètre géographique délimité, avec un retour au cabinet ou à leur domicile en fin de journée.
Pour ces professionnels, le véhicule électrique présente un avantage fiscal supplémentaire : les frais de déplacement professionnels déductibles (ou les indemnités kilométriques pour les salariés) bénéficient d’un coefficient majoré pour les VE depuis 2023. Sur 15 000 km professionnels annuels, cela représente une économie fiscale notable par rapport à un équivalent thermique.
L’installation d’une borne au cabinet de groupe, couverte partiellement par Advenir, permet à l’ensemble des praticiens du cabinet de recharger leur véhicule entre deux consultations ou en fin de journée. Un câble de 7 kW branché 3 heures récupère environ 90 km d’autonomie, suffisant pour la plupart des journées de tournée d’un infirmier libéral.